L’ambiance de cette année était plus sereine que lors de la précédente. L’édition 2025 avait été secouée par l’annonce du président Trump de la hausse des taxes douanières des États-Unis, un marché crucial pour l’horlogerie helvétique. Leur réduction des catastrophiques 39% initiaux à 15%, a sans doute détendu le secteur. Quoi qu’il en soit, une forme de fluidité presque aquatique régnait en maître au salon genevois où les 66 marques exposantes ont dévoilé leurs nouveautés 2026. Parmi elles, quatre pièces ont particulièrement attiré notre attention.
H comme Hippocampe de Hermès
La marque française dont la filiale de montres a été fondé en 1978 en Suisse, innove avec le modèle Slim d’Hermès Hippocampe (en photo ci-dessus). Fabriqué en seulement 24 exemplaires, son design a été réalisé par l’illustrateur britannique Stuart Patience, spécialiste du style « chaos contrôlé ». Ici, pas de chaos, juste un hippocampe gravé sur du cuir très fin (0,5 millimètres d’épaisseur) qui recouvre le cadran en or blanc. Avec un calibre H1950 extra-plat, un boitier en or blanc et un prix référencé à environ 80’000 dollars américains, c’est une œuvre d’art à part entière. On ignore si, à travers cet animal aquatique, le créateur britannique ne fait pas un clin d’œil à la diversité des genres de notre époque. En effet, chez l’espèce en question, c’est le mâle qui incube les œufs que Madame a déposés dans sa poche ventrale où il les féconde et les porte jusqu’à leur naissance.
Record de Panerai
Du côté de la marque d’origine italienne, rachetée en 1997 par le groupe Richemont, c’est un nouveau record qui est battu. Son modèle de plongée Panerai Luminor Marina PAM03313 repousse les limites de l’étanchéité de la montre destinée aux plongeurs, entre autres. Les amateurs de la marque peuvent donc s’enfoncer dans les profondeurs aquatiques de plus de 600 mètres sans aucun risque pour leur montre. En acier satiné, avec cadran bleu et réserve de marche de 3 jours, cette pièce coûte 13 500 euros. Une merveille que Panerai a présentée directement dans l’eau (en photo ci-dessous).

La tempête en pieteriste d’Arnold & Son
En restant toujours dans l’élément aquatique, c’est le modèle HM Pietersite d’Arnold & Son qui ébranle les sens (en photo ci-dessous). La manufacture suisse de plus de 260 ans, réalise un coup de maître esthétique avec son cadran en… pierre naturelle ! Appelée pietersite, cette gemme a été découverte en 1960 en Namibie par le prospecteur Sid Pieters, dont elle porte le nom. Coutumière des idées novatrices, la marque raconte une scène quasi cinématographique à travers ce modèle . Celle d’une tempête qui déchaine les vagues qui se brisent sur les côtes de la Cornouaille, terre natale de l’horloger John Arnold, fondateur de la Maison. Fabriqué en édition limitée – 8 pièces en or rouge et 18 pièces en acier – le boîtier de ce garde-temps ne mesure que 7,82 mm d’épaisseur. Quant au mouvement, il ne mesure que 30 mm de diamètre pour seulement 2,70 mm d’épaisseur. Le prix de cette « tempête au poignet » au bracelet en cuir alligator bleu encre est de 27’100 francs suisses pour la version en or et de 16’200 francs pour celle en acier.

Calculateur universel d’Audemars Piguet
Et pour ceux qui préfèrent demeurer sur terre ferme, Audemars Piguet propose sa montre de poche 150 Heritage (en photo ci-dessous). Elle célèbre un siècle et demi d’histoire de cette manufacture suisse à travers un calculateur manuel révolutionnaire, baptisé Calendrier Universel. L’heureux propriétaire de ce modèle fabriqué en 10 exemplaires seulement n’aura plus d’excuses pour oublier des fêtes culturelles ou s’aventurer dans la nature durant un mauvais cycle céleste. Avec 47 fonctions dont 30 complications, il s’agit là d’une véritable prouesse technique. Et elle à son prix, à savoir, 2,5 millions de francs suisses pour la version en platine et 2,350 millions pour celle en or gris.





