Dans quelques heures, Genève va inaugurer sa grande messe horlogère annuelle : Watches and Wonders. Pendant que les 66 marques exposantes de cette édition 2026 s’occupent des derniers préparatifs, le groupe Titan, lui, a déjà ouvert les réjouissances à l’hôtel Beau-Rivage. Parmi ses collections exclusives, on retiendra le sublime garde-temps appelé JALSA (en photo). Limité à 10 exemplaires numérotés, chacun au prix de 40,5 lakhs ₹ (environ 45 000 €), il a été accepté dans le prestigieux concours du Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG) en 2025. Une reconnaissance qui a marqué d’une pierre blanche le 225
e
anniversaire du mythique Hawa Mahal de Jaipur auquel cette montre est dédié.
Le trio sacré
À elle seule, JALSA est une ode vibrante aux trois arts : l’architecture, l’horlogerie et… la communion spirituelle. D’ailleurs, le terme « JALSA » désigne le rassemblement et la réjouissance des retrouvailles. Ainsi, sur un boitier en agate rouge naturelle et or rose 18 carats, le maître indien de la miniature, le Padma Shri Shakir Ali, a posé un cadran hautement symbolique, peint à la main. Son image illustre la procession d’une figure royale assise sur un éléphant devant un bâtiment construit en 1799 à Jaipur, capitale du Rajasthan (Inde) par le mahârâja Sawâi Pratap Singh. Appelée
Palais des vents
, cet édifice en grès rouge et rose sable est une merveille d’architecture aux trois particularités étonnantes. La première est son aspect extérieur, dessiné par l’architecte Lal Chand Ustad sur le modèle de la couronne de Krishna, l’un des dieux hindous les plus vénérés en Inde. La deuxième particularité du palais est son absence de fondations traditionnelles. Une véritable prouesse d’ingénierie pour une construction de 15 mètres de haut sur cinq étages. Et finalement, la troisième spécificité consiste en 953 petites fenêtres, appelées des
jharokhâ
(lucarne ou judas en hindi) qui assurent la ventilation des lieux, d’où le nom
Palais des vents
. Pour ce qui est des prouesses horlogères, la montre JALSA renferme un mouvement à volant tourbillon, développé en interne par Titan (7TH2), qui englobe 144 composants et 14 rubis. La mécanique en mouvement peut être observée grâce au fond transparent en saphir qui recouvre le dos de la montre.
Jeu d’échecs de Titan
Il n’est un secret pour personne que la haute horlogerie est un milieu ultra compétitif. Pour s’y imposer, il faut disposer de moyens financiers, d’un sens tactique et d’une stratégie commerciale à toute épreuve. En somme, être capable de déclarer « échec et mat » aux obstacles. Fondée en 1984, la compagnie Titan – membre du mastodonte indien Tata Group, dont le chiffre d’affaires en 2024 s’élevait à 150 milliards de dollars américains – est le premier horloger du pays. Sachant qu’elle collabore avec les horlogers suisses, il est fort probable que, d’ici an un, Titan fasse de grandes vagues à l’international.

À l’image de son compatriote, Dommaraju Gukesh, plus jeune champion du monde d’échecs de l’histoire, couronné en 2024 à seulement 17 ans. La montre « Grandmaster X Gukesh D » de Titan (en photo) lui est dédiée. Affaire à suivre.





