Le rapport du Conseil norvégien des consommateurs pointe les pratiques des géants du Web et propose des solutions pour les contrer. Et pour cause, vivre sans ordinateurs et smartphones est aujourd’hui quasi inimaginable. Voire impossible puisque partout – banque, poste, administration, etc. – on nous demande un email et un numéro de portable. Sans oublier notre addiction commune aux réseaux sociaux. Alors, les mastodontes du numérique que sont Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM) en profitent. Pour décrire cet abus, un mot a même été inventé en 2022 par Cory Doctorow, blogueur, journaliste et auteur de science-fiction canado-britannique : enshittification. Poubelisation en traduction française, il désigne la détérioration progressive de la qualité des plateformes numériques. Ainsi, l’usage des réseaux sociaux, des services de streaming, d’e-commerce ou des logiciels devient de plus en plus frustrant. Les bonnes fonctionnalités sont supprimées, tandis que la horde des spams, toujours plus envahissante, s’emploie à exaspérer les consommateurs. L’objectif de cette stratégie est la maximisation des profits pour les actionnaires et les annonceurs, au détriment de l’utilisateur final. Pris au piège, ce dernier a d’abord été appâté par un service gratuit qui a été verrouiller dès qu’il en est devenu accro, puis a été jeté en pâture aux clients commerciaux (annonceurs, vendeurs). Pour finir, la Big Tech a pris le pouvoir absolu et s’est mise à enshittification ! Pour renverser cette situation, le rapport du Conseil norvégien des consommateurs, publié fin février, préconise l’adoption d’une série de mesures. La principale serait la volonté politique de rétablir la concurrence face aux GAFAM en créant des services alternatifs et en favorisant leur croissance.





